Malgré les menaces de mort et les arrestations, Shirin Ebadi a toujours tenu à travailler dans son pays et avec les lois de son pays pour améliorer l’existence quotidienne de ses compatriotes. Depuis des années, l’avocate iranienne, 59 ans, se débat devant les tribunaux pour que l’Iran respecte un peu mieux les droits des femmes et des enfants. Elle a reçu le Prix Nobel de la paix en 2003. Le monde entier a alors pu admirer son intelligence et sa subtile analyse de l’islam. Aujourd’hui, le gouvernement déclare “illégale” l’ONG qu’elle a créée il y a quatre ans, le Centre des défenseurs des droits humains. Ce Centre est effectivement la seule et unique ONG qui ose prendre la défense de personnes emprisonnées ou mal vues par les autorités, mais il agit toujours dans le cadre des lois nationales et ne commet donc, me semble-t-il, rien de répréhensible.

Lors d’une récente interview qu’elle nous avait accordée à Paris pour Femina, elle nous semblait très inquiète. Comme si elle sentait que sa tête était mise à prix. L’interdiction qui vient d’être décidée à Téhéran vise-t-elle à faire craquer l’avocate et à la faire émigrer au plus vite? Ou est-ce pire encore: un avertissement avant son assassinat pur et simple?